À quelles infections sexuellement transmissibles faut-il se faire dépister ?

22 avril 2024

Quels tests de dépistage des IST sont utiles – et lesquels ne le sont pas ? L'offre est vaste : on trouve sur Internet des tests de dépistage du VIH, de la syphilis, de l'herpès, du HPV, des ureaplasmes, de la gonorrhée, de la chlamydia, des mycoplasmes et bien d'autres encore. On a l'embarras du choix. Mais quels tests de dépistage des infections sexuellement transmissibles sont vraiment utiles, et lesquels vaut-il mieux éviter ?

Symptômes et dépistage asymptomatique

  • Symptômes

    Si vous ressentez une sensation de brûlure ou une douleur au niveau de l'urètre, si vous avez de la fièvre ou une éruption cutanée, si vous remarquez des changements au niveau des organes génitaux ou si vous présentez d'autres symptômes, il est recommandé de consulter un médecin. Dans ces cas-là, les tests à renvoyer ne sont pas adaptés et il ne faut pas perdre de temps. Rendez-vous dès que possible chez votre médecin traitant.

  • Sans symptômes

    Beaucoup de personnes souhaitent se faire dépister régulièrement pour les maladies sexuellement transmissibles. Et c'est tout à fait judicieux, car certaines d'entre elles ne présentent souvent aucun symptôme, ou très peu. C'est de ces maladies dont il est question ici. s.a.m health propose des tests de dépistage du VIH, de la syphilis, de la chlamydia et de la gonorrhée. Nous allons vous expliquer pourquoi nous les proposons et pourquoi nous n'en proposons pas d'autres.

Nous recommandons de se faire dépister pour les maladies sexuellement transmissibles (MST) suivantes :

VIH

L'infection aiguë par le VIH se manifeste comme une grippe et est souvent confondue avec celle-ci. Par la suite, l'infection évolue généralement sans symptômes. Au fil des années, le VIH endommage le système immunitaire, jusqu'à ce que des maladies très graves apparaissent. C'est pourquoi il est recommandé aux personnes ayant des rapports sexuels à risque de se faire dépister régulièrement pour le VIH.

En effet, plus l'infection est traitée tôt, mieux c'est. Avec un traitement précoce, on a alors une espérance de vie normale et, grâce aux médicaments, on n'est plus contagieux sexuellement. Pour ne pas détecter l'infection trop tard, un test par an suffit.

Syphilis

dans le vagin, le rectum ou la bouche, il passe souvent inaperçu. L’éruption cutanée qui survient après quelques semaines disparaît d’elle-même.

La syphilis est ensuite marquée par de longues phases asymptomatiques, durant lesquelles la bactérie peut toutefois causer de graves lésions organiques. C’est pourquoi des tests réguliers sont recommandés pour les personnes à risque. La fréquence des tests (tous les trois, six ou douze mois) dépend également du nombre de partenaires et du niveau de risque.

La gonorrhée et la chlamydia

Ce sont les maladies sexuellement transmissibles bactériennes les plus courantes. Elles provoquent une inflammation au niveau des muqueuses où elles se développent : dans l'urètre, le vagin/col de l'utérus, le rectum ou encore la gorge. L'infection peut être symptomatique, mais ce n'est pas toujours le cas.

Ce sont les infections sexuellement transmissibles bactériennes les plus courantes. Elles provoquent une inflammation à leur site de colonisation : dans l'urètre, le vagin/col de l'utérus, le rectum ou encore la gorge.

Les bactéries peuvent coloniser les muqueuses pendant des semaines, voire des mois, et finir par remonter, chez la femme, vers les trompes de Fallope ou la cavité abdominale, et chez l'homme, vers l'épididyme ou la prostate. Elles y provoquent des maladies graves et peuvent alors être à l'origine d'une infertilité. Les jeunes femmes jusqu'à l'âge de 25 ans révolus ont donc le droit de bénéficier d'un test de dépistage des chlamydias une fois par an. Ce « dépistage des chlamydias » ne fonctionne toutefois pas bien dans la pratique. Les cabinets de gynécologie ne proposent souvent pas ce dépistage.

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Un frottis de gorge pour dépister la chlamydia et la gonorrhée ?

La nécessité du prélèvement buccal est controversée. Dans la gorge, les bactéries disparaissent d'elles-mêmes au bout de quelques semaines et ne causent aucun dommage. On peut éventuellement ressentir une légère irritation de la gorge. Ce n'est que dans de très rares cas qu'une pharyngite franche se développe. Si le prélèvement est positif, un antibiotique est prescrit. Il faut donc prendre en compte les effets secondaires du médicament, sans pour autant en tirer un grand bénéfice (car les bactéries y sont généralement inoffensives). Mais bien sûr, l’antibiotique empêche de contaminer ses partenaires sexuels lors de rapports bucco-génitaux – et évite ainsi que ceux-ci ne se retrouvent avec les agents pathogènes dans l’urètre. C’est pour cette raison que la plupart des client·e·s de s.a.m health font également le test pharyngé.

Le dépistage régulier de ces agents pathogènes n'est pas recommandé :

Mycoplasmes et ureaplasmes

Ces agents pathogènes sont fréquents et provoquent très rarement des symptômes. En cas d'apparition de symptômes, un traitement s'impose. Cela ne fait aucun doute. Mais cela arrive si rarement que les sociétés médicales internationales déconseillent de réaliser des tests chez les personnes asymptomatiques. En effet, on obtiendrait souvent un résultat positif et on prescrirait alors un traitement.

Mais contrairement à la chlamydia et à la gonorrhée, il faut souvent recourir à un antibiotique pouvant entraîner des effets secondaires graves, voire mortels, car les mycoplasmes sont souvent déjà résistants à cet antibiotique bien toléré. Ce serait donc faire un usage disproportionné de médicaments et causer plus de dommages que de bénéfices escomptés. Dans l'intérêt de la santé de nos client·e·s, nous ne proposons donc pas ce test.

HPV

Il existe plus de 200 sous-types de papillomavirus humains. La plupart du temps, ils ne se manifestent pas et disparaissent d'eux-mêmes au bout de quelques mois. Certains sous-types provoquent des verrues génitales (qui sont alors visibles), d'autres provoquent le cancer du col de l'utérus, le cancer de l'anus ou le cancer du pénis. C'est pourquoi la vaccination contre le HPV est recommandée depuis quelques années chez les adolescents. Le dépistage du cancer du col de l'utérus existe depuis longtemps.

Depuis 2020, ce dépistage a été modifié : pour les femmes jusqu'à 35 ans, le frottis PAP annuel (examen visant à détecter des modifications cellulaires) est toujours pratiqué ; pour les femmes à partir de 35 ans, on propose un frottis HPV du col de l'utérus. En cas de résultat négatif, les femmes ne doivent alors se présenter au dépistage que tous les trois ans. Mais pourquoi le dépistage du HPV n’est-il pas proposé aux plus jeunes ? On part du principe que les plus jeunes ont plus de rapports sexuels et que l’on détecterait alors trop fréquemment le HPV.

Il est impossible d’éviter le HPV lors des rapports sexuels. Les préservatifs n’offrent qu’une protection relativement faible. Comme le HPV est trop souvent détecté chez les personnes sexuellement actives (et ne conduit que très rarement à un cancer ou à des verrues génitales), sam health ne propose pas de frottis HPV. On obtiendrait trop souvent un résultat positif. De plus, il n’est pas certain que l’autoprélèvement à domicile soit aussi fiable que le prélèvement effectué en cabinet (c’est le cas pour la chlamydia et la gonorrhée). Les femmes devraient se rendre au cabinet gynécologique pour leur dépistage.


Les personnes ayant de nombreux partenaires devraient envisager de se faire vacciner contre le HPV. Certaines caisses d'assurance maladie prennent volontairement en charge les frais, même pour les adultes. Sinon, les trois doses de vaccin nécessaires coûtent chacune environ 160 euros. Il faut alors veiller à se faire administrer le vaccin 9-valent. En effet, le vaccin 2-valent ne protège pas contre les verrues génitales. Le vaccin est bien toléré et protège à environ 95 % contre les verrues génitales et les cancers associés.

Herpès

La première infection par l'un des deux types d'herpès provoque généralement l'apparition des fameuses vésicules douloureuses. Tout le monde les connaît pour les avoir eues sur les lèvres pendant l'adolescence. Ensuite, les virus restent latents toute la vie dans les ganglions nerveux. Certaines personnes contractent également l'herpès par voie sexuelle. Dans ce cas, ce sont les muqueuses des organes génitaux qui sont touchées. Tant pour l'herpès labial que pour l'herpès génital, certaines personnes connaissent plus tard une récidive de la maladie. C'est généralement perceptible et il convient alors de consulter un médecin en cas de symptômes importants.


Il est rare de détecter l'herpès en l'absence de tels symptômes. Mais il s'agit alors d'une découverte fortuite qui ne nécessite pas de traitement. Nous ne proposons donc pas ce test, car il ne ferait que renchérir inutilement le prix du kit.

Cet article a été rédigé par :

Armin Schafberger – Médecin et spécialiste en sciences de la santé, ainsi qu'ancien conseiller médical de l'association allemande Aidshilfe.